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Guerre civile algérienne

« Guerre civile algérienne » défini et expliqué aux enfants par les enfants.
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La guerre civile algérienne (également qualifiée de « décennie noire », de « décennie du terrorisme » ou d'« années de braise ») désigne un conflit armé opposant le gouvernement algérien et son armée à divers groupes islamistes. L'affrontement débute en décembre 1991 et s'achève par la victoire du gouvernement en 2002, malgré le maintien d'actions armées résiduelles dans certaines zones.

Origines du conflit et déclenchement

À la fin de l'année 1988, la baisse du prix du pétrole déstabilise l'économie du pays. Des manifestations éclatent en octobre 1988 et subissent une répression militaire causant plus de 500 morts. Le président Chadli Bendjedid fait adopter une nouvelle constitution instaurant le multipartisme.

Le Front islamique du salut (FIS), dirigé par Abbassi Madani et Ali Belhadj, devient la principale force politique d'opposition et remporte les élections locales en 1990. Lors du premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, le FIS obtient 188 sièges sur 232. Le 11 janvier 1992, l'armée interrompt le processus électoral, pousse le président à la démission et place Mohammed Boudiaf à la tête de l'État. L'état d'urgence est déclaré, le FIS est dissous et des milliers de ses militants sont arrêtés.

Évolution des groupes armés et de la violence

En réaction à l'arrêt du processus électoral, des maquis et des groupes d'action armée se constituent :

  • Le Mouvement islamique armé (MIA) : dirigé par Abdelkader Chebouti, ce groupe vise principalement l'armée et les services de sécurité.
  • Le Groupe islamique armé (GIA) : apparu en 1993 sous la conduite d'Abdelhak Layada, ce groupe s'attaque aux forces de l'ordre, aux fonctionnaires, aux intellectuels, aux journalistes, aux artistes, aux civils et aux ressortissants étrangers.
  • L'Armée islamique du salut (AIS) : formée en 1994, elle regroupe des maquis fidèles au FIS pour contrer l'influence du GIA et mener une stratégie ciblée contre l'État.

Après l'assassinat du président Boudiaf en juin 1992, l'échec de la Plate-forme de Sant'Egidio en 1995 et l'élection de Liamine Zéroual à la présidence, la violence s'intensifie. À partir de 1997, sous la direction d'Antar Zouabri, le GIA commet une série de massacres de civils dans des villages (notamment à Rais et Bentalha).

Fin du conflit et processus de paix

L'ampleur des massacres perpétrés par le GIA provoque sa désagrégation et la condamnation des organisations internationales :

  • Le cessez-le-feu : l'AIS décrète un cessez-le-feu unilatéral le 21 septembre 1997 avant d'annoncer sa dissolution.
  • La scission du GSPC : en 1998, Hassan Hattab sépare ses combattants du GIA pour former le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), opposé aux massacres de civils.
  • La loi d'amnistie : élu président en 1999, Abdelaziz Bouteflika fait adopter des mesures de grâce et d'amnistie pour les anciens combattants.

Les structures du GIA disparaissent en 2002, marquant la fin formelle de la guerre civile. Le GSPC poursuit des attaques ciblées contre les forces de sécurité et prête allégeance à Al-Qaïda en 2006.

Bilan et conséquences

Les estimations du nombre de victimes s'élèvent entre 60 000 et 150 000 morts. Le conflit entraîne la disparition de plusieurs milliers de personnes, le déplacement d'un million d'habitants, l'exil de dizaines de milliers de citoyens ainsi que des dégâts matériels évalués à plus de vingt milliards de dollars.

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