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Seigneurie

« Seigneurie » défini et expliqué aux enfants par les enfants.
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La féodalité (du latin feudum, « fief ») est un système politique qui a organisé la société européenne vers la fin du Moyen Âge, entre le Xe et le XIIIe siècle. Dans le système féodal, le pouvoir et le territoire étaient partagés entre plusieurs seigneurs. Chaque seigneur possédait alors son propre domaine, appelé « fief », sur lequel il exerçait son autorité.

Mais tous les seigneurs n'avaient pas la même importance. Il existait une sorte de pyramide de pouvoirs et des contrats de fidélité qui organisaient leurs relations. Ainsi, un seigneur pouvait dépendre d'un seigneur plus puissant (son suzerain), en même temps qu'il exerçait son autorité sur d'autres seigneurs moins puissants (ses vassaux). Le vassal devait servir son suzerain et lui obéir. En échange, le suzerain le protégeait et lui offrait le contrôle d'une partie de son territoire (son fief). Tout en haut de la pyramide se trouvait le roi. Il était le plus grand seigneur et n'était donc le vassal de personne.

Origines

Au milieu des troubles et des violences qui marquent la période mérovingienne (Ve au VIIIe siècle), les guerriers plus faibles prennent l’habitude de se « recommander », c’est-à-dire de se mettre sous la protection d’un plus puissant : ils choisissent d’être les vassaux d’un seigneur plus important. Charlemagne encourage cette pratique pour tous ses sujets. Puis, la recommandation se développe au Xe et XIe siècles quand les rois, sans autorité et incapable d’assurer l’ordre et la paix du royaume, laissent leur pouvoir s’émietter aux mains des châtelains. La féodalité devient ainsi l’organisation sociale de la noblesse au Moyen-âge, liant les seigneurs et leurs vassaux par des obligations mutuelles (la vassalité) et le don d’une terre (le fief).

La société féodale

Au Moyen Âge, la société se compose de trois ordres où chacun tient une place bien définie. Il y a :

La société féodale est organisée très hiérarchiquement. Elle est en grande partie composée de paysans (80 à 90 % de la population). Au-dessus d’eux se trouvent les nobles, les grands seigneurs (grands propriétaires) et les petits seigneurs (petits propriétaires). Plus haut, l’Église (les évêques sont aussi haut placés que les seigneurs). Au sommet se trouve le roi qui posséde les plus grands domaines et, en théorie, le royaume tout entier. Toute sa vie, on reste dans l’ordre dans lequel on était né.

La société féodale est un monde assez fermé. En effet, la plupart des hommes vivent dans un univers qui ne dépasse pas les limites des terres de leur seigneur. Ils ne considèrent pas appartenir à une « nation » mais à leur seigneur.

Les paysans

> Voir aussi l'article détaillé : Agriculture au Moyen Âge.

Appelés rustres, manants ou vilains, les paysans forment près de 90% de la population de l’Europe médiévale.

Ils travaillent autour du château de leur seigneur. Sauf de rares exceptions, les paysans ne possèdent pas leurs terres : ils travaillent celle que leur seigneur leur cède, appelée la tenure. Celle-ci se compose en général d’une petite maison, d’un jardin, de terres labourables, parfois de prés et de vignes, et du droit d’utiliser la forêt. En échange, le paysan doit au seigneur des corvées et de nombreuses redevances (sommes d’argent, parties de la récolte ou produits de l’élevage). Qu’il soit libre ou serf, il est toujours dépendant du seigneur qui possède sa terre et doit lui obéir.

La vie des paysans médiévaux est faite d’un travail incessant et de la crainte permanente de la guerre et de la faim. Certains, qui peuvent ou savent profiter des progrès de l’agriculture, s’enrichissent et agrandissent leur tenure : on les appelle les laboureurs, car ils possèdent souvent une charrue et un attelage. Les plus pauvres sont les brassiers ou manouvriers : leur tenure est trop petite pour subvenir à leurs besoins.

Les serfs

> Voir aussi l'article détaillé : Servage.

Même si l’esclavage disparaît d’Europe vers le Xe siècle, il existe jusqu’à la fin du XIIIe siècle des paysans dont le corps appartient à leur seigneur : les serfs

Ces hommes ne possèdent aucun bien et ne peuvent quitter la seigneurie ni se marier sans l’autorisation du seigneur. Ils doivent des redevances et des corvées très lourdes ainsi qu’une taxe spéciale, le chevage.

Ils ne peuvent transmettre leur terre à leur descendance qu’en s'acquittant d'un autre droit : la mainmorte.

Aux XIIe et XIIIe siècles, quand les besoins d’argent des seigneurs augmentent, ils accordent la liberté à leurs serfs contre de fortes sommes.

Remarques :

  • Une corvée = sur la seigneurie, en échange de la tenure que confie le seigneur, le paysan doit des corvées, c’est – à – dire un certain nombre de jours de travail dans l’année. Il aide aux travaux des champs sur la réserve seigneuriale, effectue des transports, contribue à l’entretien des routes et des ponts de la seigneurie, des fossés et des murailles du château.
  • Une redevance = sur la seigneurie, en échange de la tenure que confie le seigneur, le paysan lui doit des redevances, c’est – à – dire une somme d’argent ou des dons en nature. La principale redevance est le cens, redevance fixe qui se compose d’une somme d’argent ou de dons en nature (blé, œufs, petit bétail, …)

Les seigneurs

> Voir aussi l'article détaillé : Seigneurie.

Dans l’organisation féodale, le seigneur est lié à ses vassaux par un serment de fidélité et des obligations réciproques. Les seigneurs jurent, de la même façon, d’obéir au roi ou à la reine qui leur a accordé cette terre et ce pouvoir. Une cérémonie spéciale a lieu à cette occasion. Le vassal doit tout d’abord rendre hommage au seigneur puis lui jurer fidélité.

La société féodale est composée de grands seigneurs qui possèdent de grands domaines et de petits seigneurs qui gouvernent une propriété seigneuriale moins étendue. Les petits seigneurs doivent jurer fidélité et obéissance au seigneur plus puissant comme ceux-ci doivent le faire envers le roi. En effet, quiconque obtient un fief (une terre) prête serment de servir la personne qui le lui remis.

Depuis son château fort construit sur ses terres, le seigneur se comporte en maître de son fief. Le seigneur possède aussi le pouvoir du ban, c’est-à-dire le pouvoir de commander, de contraindre ou de punir. En vertu de ce ban, il peut réquisitionner ses paysans pour la défense du château et lever des taxes à sa guise : la taille seigneuriale et les banalités (taxes sur l’utilisation du four, du moulin et du pressoir). Il est aussi leur juge : il possède toujours la basse-justice, celle qui permet de juger les vols et les petits délits, souvent par conciliation entre adversaires. Certains seigneurs sont aussi haut-justiciers sur leurs terres et celles de leurs vassaux : ils peuvent juger des crimes entrainant la peine de mort.

La seigneurie

Les évêchés, les monastères et les seigneurs possèdent, ou tiennent en fief, des terres qui constituent leur seigneurie.

Celle-ci est divisée en deux parties :

  • La réserve que le seigneur fait cultiver par ses domestiques et ses paysans pour son propre usage
  • Les tenures qu’il confie à ses paysans en échange de redevances et de corvées.

La vassalité

Pour devenir le vassal d’un seigneur, il faut d’abord lui rendre hommage. Tête nue et sans arme, le vassal s’agenouille devant son seigneur, place ses mains dans les siennes en signe de soumission et se déclare « son homme ». Le seigneur l’accepte en le relevant et en lui donnant un baiser. Puis, le vassal, la main posée sur une Bible ou sur un reliquaire, prête foi à son seigneur : il lui jure fidélité. Désormais, les deux hommes sont unis par un lien personnel très fort ; celui qui romprait serait déclaré félon, c’est – à – dire traître.

Le vassal est tenu à certaines obligations à l’égard de son seigneur. Avant tout, il est son soldat et il l’accompagne dans toutes ses expéditions : c’est le service d’ost. Certains jours, il est de garde au château. Le vassal doit aussi à son seigneur le conseil : chaque fois qu’il est convié, il se rend à l’assemblée de ceux dont le seigneur veut l’avis ou l’assistance pour rendre justice. Il doit aussi l’aider financièrement dans quatre circonstances : l’adoubement de son fils aîné, le mariage de sa fille aînée, son départ en croisade et sa rançon s’il est fait prisonnier.

Le fief

Le seigneur à lui aussi des obligations à l’égard de son vassal : il lui doit sa protection. Il est tenu lui fournir de quoi assurer ses devoirs de vassal. Il lui remet une terre pour qu’il puisse se nourrir et s’équiper. Lorsqu’un seigneur reçoit l’hommage et le serment d’un vassal, il lui remet un objet symbolisant le fief : une motte de terre, une gerbe de blé, une branche, …

Le fief doit en principe retourner au seigneur à la mort du vassal. Mais à partir du 9e siècle, ce dernier transmet le fief à son héritier, ce qui lui donne une certaine indépendance vis-à-vis du seigneur. De plus, le vassal détient souvent plusieurs fiefs et dépend donc de plusieurs seigneurs à la fois. En cas de litige, sa fidélité doit aller à son principale seigneur appelé seigneur-lige.

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